
Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’autorité parentale conjointe en juillet 2014, le droit de la famille suisse a fondamentalement changé. Jusqu’alors, l’autorité parentale exclusive de la mère était la règle pour les couples non mariés, en l’absence d’accord explicite. Avec la révision du Code civil suisse (CC), l’autorité parentale conjointe a été introduite comme norme (art. 296 CC). Cela signifie qu’à la naissance d’un enfant, les parents se partagent automatiquement l’autorité parentale, sauf décision de justice contraire. L’objectif était de renforcer l’égalité des parents et de promouvoir le bien-être de l’enfant en évitant les conflits précocement.
La mission de la KESB en matière d’action préventive
Depuis cette réforme, l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (KESB) a une mission préventive claire (art. 301a CC). Elle doit aider les couples à trouver un accord à l’amiable avant que les conflits ne s’aggravent. Cela comprend :
- Conseil et médiation : la KESB offre des conseils pour clarifier les questions de garde, de pension alimentaire, de prise en charge et de lieu de résidence.
- Promouvoir un accord : elle aide à élaborer une convention de séparation qui peut être approuvée par le tribunal.
- Mise en œuvre dans la pratique : malheureusement, la mission préventive n’est souvent pas mise en œuvre de manière cohérente. De nombreux couples se retrouvent devant les tribunaux parce que la KESB est impliquée trop tard ou ne fait pas assez de médiation active. À Berne (comme dans d’autres cantons), la KESB traite des milliers de cas chaque année, mais la prévention est faible : une solution à l’amiable n’est trouvée que dans environ 30 à 40 % des cas (rapports annuels de la KESB). Le reste dégénère en procédures coûteuses, avec des retards et des dommages émotionnels pour les enfants.
Pourquoi une convention de séparation dès la naissance est la vraie solution
Une convention de séparation dès la naissance (ou au plus tôt dès les premiers signes de conflit) est la vraie solution pour éviter les escalades. Voici les raisons de manière insistante :
- Prévention plutôt que conflit : l’autorité parentale conjointe est bien intentionnée, mais sans accord (art. 301a CC), des litiges surviennent concernant la pension alimentaire, la prise en charge et le lieu de résidence. Un accord dès la naissance définit clairement les droits et les obligations – réduit les recours aux tribunaux de 70 % (estimations issues d’études de la CDAS).
- Protéger le bien-être de l’enfant : les enfants souffrent des conflits (émotionnellement, psychologiquement). Un accord minimise cela – par exemple, une prise en charge à 50-50, une pension alimentaire équitable, des règles de contact. Sans elle : des retards comme dans votre cas (11 ans).
- Économiser des coûts : les procédures contentieuses coûtent entre 30 000 et 50 000 CHF par cas (tribunal, avocats, KESB). Un accord : environ 1 000 à 2 000 CHF (notaire/médiation) – et il est contraignant.
- Égalité des droits : la modification de la loi en 2014 visait l’égalité, mais sans accord, les mères profitent souvent du statu quo (prise en charge exclusive). Dès la naissance : les pères sont égaux en droits, pas de manœuvres unilatérales.
- Rendre obligatoire : la KESB devrait encourager cela dès la naissance – offrir des conseils à chaque naissance. Cela sauverait des milliers d’enfants.
La pratique à Berne au niveau fédéral doit changer : prévention plutôt qu’escalade. Un accord dès la naissance est la vraie protection – pour les enfants, les pères et les mères.

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